Portrait d'agriculteur #5 : Didier V.

C’est sur les terres noires et froides de Limagne à Pont du Château que nous avons fait la connaissance de Didier Verdier, agriculteur de 54 ans et heureux propriétaire de 140 ha offrant une vue exceptionnelle sur le Puy de Dôme. Dès la première minute, sa personnalité franche et passionnée nous saute aux yeux : Didier sait ce qu’il veut et surtout ce qu’il ne veut pas. C’est donc sans détour qu’il nous raconte l’histoire de son domaine de « Picou » que  sa famille exploite depuis 5 générations. Voici son histoire. 

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L’exploitation : Le choix des cultures diversifiées

La plus grosse partie de l’exploitation de Didier ce sont les oignons ; du moins celle qu’il développe le plus, avec le mais semence. Les céréales et le maraîchage viennent compléter l’ensemble et assurent à la ferme,  équilibre et sécurité de rendement.

Les oignons.

Sa production d’oignons a commencé en 2000 avec 2ha et demi. La première année, le stockage était limité car la grange principale était destinée à l’élevage de bovins. Cette « activité peu rentable », selon Didier, s’arrête en 2001 avec la crise de l’ESB et le départ à la retraite de son père. C’est alors que l’opportunité de cultiver des oignons s’est  présentée. Les premières années, l’évolution culturale est lente mais progressive. « Pour être rentable, le plus important c’est de réussir à obtenir un calibre homogène et une bonne conservation » nous précise Didier. Objectif atteint avec la mise en place d’un programme de nutrition Yara personnalisé à base d’engrais YaraMila™ SK Supra II complétés par une application foliaire. L’objectif est de se rapprocher le plus possible des besoins de la plante. Didier apporte en foliaire du phosphore et du calcium avec  YaraVita ™ Seniphos complété par des apports de bore et de zinc. Selon lui, les engrais «starters » seuls n’ont pas vraiment d’effet, car le sol est froid. Son défi quotidien est donc de comprendre d’où viennent les blocages des plantes, pourquoi n’assimilent - elles pas correctement certains éléments et enfin quelles sont les meilleures solutions. En 19 ans, Didier passe de 2 ha à 25 ha. Malgré cette réussite, Didier nous met en garde : « La culture de l’oignon est exigeante notamment avec le problème de génétique semencière qui a du mal à se stabiliser et les ravageurs. Mais une plante bien nourrie et en bonne santé va résister , d’où l’importance de savoir mettre dès le départ toutes les chances de son côté en pratiquant des programmes de nutrition complets spécifiques à chaque culture. »

Didier est bien équipé avec une calibreuse  qui lui permet de faire 5 calibres différents. Généralement il adapte ses calibres en fonction de la demande et de ses potentiels acheteurs. Le calibre le plus valorisé est le 60/70, c’est avec ce calibre que Didier réalise ses meilleurs profits.

Coté stockage, les bâtiments de Didier ont été construits au fur et à mesure du temps et ont été financés de manière rentable. Peu friand des banques,  Didier préfère attendre d’avoir les fonds suffisants pour se lancer dans de nouvelles constructions. Le premier bâtiment sert de stockage précaire car il est peu isolé et uniquement protégé par un mur de paille. C’est donc ses oignons stockés à  cet endroit qui « partiront en premier ». Le deuxième bâtiment est plus sec, plus sombre et aéré et abrite la majeure partie de sa production en toute sécurité.  

Un troisième bâtiment est en partie utilisé par Agri- Obtention, filiale de l’Inra, qui testent en plein champ les variétés obtenues en laboratoire, telles-que : du blé, de l’orge, du triticale, des lentilles (Du Puy), des fèves et des tournesols. Ce bâtiment servira également de stockage pour une activité de semence échalote. Il envisage donc un agrandissement de la surface de stockage.

Les céréales.

Devant ses big bags de YaraMila - engrais composés NPK - et de YaraBela™ Extran 33.5 nous avons posés à Didier des questions sur ces céréales. « Nous travaillons à 50% avec Limagrain car le blé que nous produisons c’est du blé Jacquet destiné à fabriquer du pain de mie ; le maïs , quant à lui, est pour la maïserie afin de fabriquer de la farine pour de la consommation humaine. »

Le maraîchage.

Didier s’est lancé dans le maraîchage avec sa coopérative Limagrain il y a maintenant 3 ans. Tout est parti d’une demande croissante de production locale de la part des GMS (Grande et moyenne surface). « Au départ, personne ne croyait au maraîchage dans la région mais je me suis lancé. Limagrain fournissait les graines à ceux qui voulaient, seulement 5 personnes ont suivis ».  On peut dire que le pari est réussi car Didier arrive à faire dès la première année 15 tonnes de carottes avec 0.20ha. Mais ce n’est pas tout. Il réussit à produire également des asperges et des courgettes. Son secret ? Ecouter la culture et lui apporter des engrais de qualité, au bon endroit, au bon moment et à la bonne dose. Ensuite, le challenge a été de trouver un moyen de les écouler. Didier se tourne alors vers sa coopérative mais cette dernière ne pouvait pas s’occuper de la gestion de la vente considérant que c’était du maraîchage à petite échelle et non industriel.  En revanche, elle le met en contact avec Intermarché, 5 magasins locaux lui ont passé commande de son lot de carottes . Avec ses autres légumes, Didier fait de  la vente en directe. Aujourd’hui, carottes, tomates, aubergines, courgettes et poivrons sont à destination d’Intermarché et des grossistes.

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Les cultures de semences, quant à elles, occupent  Didier et ses employés  durant l’été,  mais elles permettent surtout de dégager du bénéfice.  En matière d’engrais, Didier nous parle du YaraVita™ Gramitrel et du YaraVita™ Bortrac et YaraVita™ Brassitrel PRO sur ces haricots : « ce que l’on recherche avec Yara c’est de nous apporter un plus au niveau foliaire! » nous confie Didier. Et le résultat est sans appel : Didier réussit grâce à la fertilisation Yara et de favorables facteurs extérieurs à obtenir un résultat inespéré bien au-dessus de l’objectif initial!

L’irrigation

Après deux mauvaises années dues à la sécheresse, Didier met en place un réseau d’irrigation en plusieurs étapes, voici ce qu’il nous raconte : « En 1991, je décide de faire quelque chose pour lutter contre la sécheresse et je mets en place un système d’irrigation. Il y a un ruisseau à 1km de là, j’ai fait venir un spécialiste pour faire une étude, j’avais déjà l’équipement sur mon domaine.  Un autre maraîcher de la région, gros paysan à l’époque, voulait également mettre un système d’irrigation sur sa parcelle. Je l’ai rencontré au mois d’août 1991 et nous avons décidé de monter une Cuma qui deviendra la première Cuma d’irrigation du Puy de Dôme. Le 1er avril 1992, nous avions de l’eau sur près de 140 hectares. En l’espace d’une année, nous avons créé la Cuma, mis en place les investissements et posés 7 km de tuyaux nous-même. On a mis une bouche d’irrigation à chaque passage d’enrouleurs, pas un tuyau en surface, nous avons tout enterrés. Un très gros travail, mais qui en valait la peine !  A l’époque il y avait les aides pour les primes à l’irrigation , ce qui était intéressant car cela nous payait notre irrigation. Au bout de 7 ans, on a fini de rembourser. En 2003, lors de la grande sécheresse, les paysans de la région nous ont demandé de les aider pour leurs betteraves car aucune d’entre elles ne sortaient. On les a donc arrosé. Du coup, ils sont devenus curieux et nous nous sommes alors demandés comment nous pouvions faire pour irriguer leur champs également. Le projet est concrétisé et l’extension du réseau se poursuit de 2003 à 2004 pour au final, en 2005, alimenter 900 hectares de terrain sur Pont du Château et trois communes voisines ! On a enterré près de 42 km de tuyaux ! »

En tant que père de 4 enfants dont 3 dans l’agriculture, nous lui demandons, pour conclure notre interview, son conseil pour les jeunes qui souhaiteraient se lancer dans l’agriculture : « Il ne faut pas douter. C’est bien d’aller prendre des conseils à droite et à gauche mais il ne faut pas douter, les autres ne savent pas ce qui se passe chez vous. Il faut avoir confiance ! Ensuite, il faut étudier, regarder, analyser, ce n’est pas parce que votre grand père, votre père ont fait du blé toute leur vie qu’il faut continuer à en faire. Tout est possible , alors croyez en vous !

Sur ces belles paroles, nous laissons Didier entouré de sa femme et de ses petits-enfants et nous repartons avec toutes ses leçons d’agriculture et de vie.

 Merci à Thierry Poirier, chargé marketing opérationnel chez Yara France, d'avoir rendu cette rencontre possible. 

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