Portrait d'agriculteur #4 : Jean - Baptiste M.

Une couleur transparente, un goût très doux et faiblement alcoolisé, une odeur peu reconnaissable… bref, on est très intrigués lorsque notre collègue Clément nous fait goûter le cidre « Boni » de la famille Morille-Luneau. 

 

 Nous, grands amateurs de cidre, sommes très étonnés par ce « craft ciders* » d’une grande originalité. Que se cache derrière ce cidre, terriblement rafraîchissant ?! Nous décidons d’en savoir plus. Le rendez-vous téléphonique est donc rapidement pris avec Jean Baptiste Morille, responsable du développement commercial, assistant maître chai mais également fils de Jean Michel Morille, chef de culture viticole, maître chai et associé de l’entreprise. Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls en charge de la propriété : Anne et Pierre Henri Luneau sont également associés de l’entreprise. Plus spécifiquement, Anne est responsable administrative et des ventes et Pierre-Henri, chef de culture arboricole.

Maintenant que les présentations sont faites, voici leur histoire.

Situé sur la commune de la Chapelle Basse Mer au village de l’Auberdière, le domaine offre une vue imprenable sur la Loire, située à seulement 5km. Autrefois, cette ancienne seigneurie possédait déjà ses chais et ses pressoirs, le vignoble est donc mature et fonctionnel depuis quelques siècles ! Mais la maison Morille-Luneau c’est avant tout une histoire de famille : le père, le fils, la tante et l’oncle; un quatuor harmonieux qui veillent ensemble sur 65 ha de vignes et 23 ha de pommes à couteau.

Jean Baptiste.

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Jean Baptiste, 27 ans, est arrivé au domaine il y a seulement 2 ans. Fraîchement sorti de l’école, c’est d’abord en Australie, au sud de Melbourne, qu’il part découvrir l’arboriculture et la viticulture. Il ne sortira pas indemne de son voyage car c’est là-bas qu’il découvrira la production de cidre « craft ciders » qui donnera naissance à son fameux « Boni » dont nous parlerons ultérieurement. Jean Baptiste, c’est la vision originale et nouvelle du domaine. Une vision également jeune, tournée vers la vente, la communication, les réseaux sociaux et l’expérience client : « Il faut savoir vendre avant de produire » souligne-t-il. Selon lui, la communication joue un rôle primordial. La production reste importante mais elle est secondaire. Il nous donne l’exemple du muscadet qui a longtemps souffert de son image mais qui remonte dans l’estime des consommateurs grâce au marketing positif. Malgré son évidente âme commerciale, Jean Baptiste reste un homme de terrain. Assistant maître chai, c’est en duo avec son père qu’ils s’occupent de la vinification, des interventions dans le vignoble sans oublier le suivi des cueillettes et le chargement des camions ! Une personnalité polyvalente, impressionnante pour son âge.

Les pommes & co.

Le choix stratégique de la diversification et l’aventure arboricole commencent dans les années 90 avec l’arrivée de son oncle Pierre-Henri Luneau. Jean Baptiste et son père cherchaient à remplacer les ateliers d’engraissement de taurillons et de porcs car ces derniers n’étaient plus rentables. Après une étude de marché et une remise en question, la famille s’est donc tournée vers les pommes à couteau, pour notre plus grand bonheur ! Les pommes ne servent pas qu’à faire du cidre : Les 1ère et 2ème cueilles servent en général de pommes destinées à la consommation, où ils sont apporteurs totale à la coopérative – la 3ème et 4ème cueilles sont valorisées en jus et le reste est utilisé pour le cidre. C’est dans un esprit « zéro gaspillage » et une optimisation totale que l’ensemble de la production est menée. La conduite du domaine est tournée vers la lutte intégrée c’est-à-dire un ensemble de méthodes (naturelles ou chimiques) ayant pour but d’être le plus satisfaisant en terme d’écologie, d’économie et de toxicité. Pour cela, ils utilisent la confusion sexuelle par l’usage de phéromones pour faire face aux ravageurs mais aussi les stations météos pour savoir quand traiter et enfin ils choisissent les oligo-éléments pour apporter les nutriments essentiels à leur culture. Selon Jean Baptiste « il faut piocher un peu partout, trouver son équilibre mais surtout écouter les demandes de plus en plus exigeantes des consommateurs ». Utilisateur de nos engrais Yara, Jean Baptiste y retrouve tout ce dont il a besoin pour ces cultures !

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Le vignoble et les pommes à couteaux ne sont pas les seules activités de la famille Morille-Luneau. Ils profitent également de la tendance de l’œnotourisme. Ainsi, ils proposent à leur clientèle toutes sortes de rendez-vous autour du vin : des soirées accords mets/vins ou alors des journées randonnées à la découverte du vignoble, toujours un verre à la main !

Le Cidre « Boni »

Malgré son appartenance à la famille des cidres artisanaux, Boni n’a pas vraiment l’allure d’un cidre fermier sortis tout droit de nos célèbres régions cidricoles. Il est même complètement à contre pied. Les pommes sont directement cueillies dans l’arbre, ce qui change du ramassage traditionnel et permet ainsi d’enlever le côté sucré ; le système de fermentation et la température sont tenus secrets mais ont été mis au point spécialement pour le cidre ; la couleur de la robe est transparente, le taux d’alcool très faible, il n’y a pas de muselet mais une capsule comme sur les bouteilles de bières... bref ce n’est pas un cidre comme les autres ! En guise de contenu, Jean Baptiste avait opté pour les bouteilles de 75cl. En 2019, afin d’élargir son public, les bouteilles de 33cl feront leur apparition.

Concernant les investissements pour son exploitation, Jean Baptiste admet qu’il y en a peu : la mise en bouteille du cidre est faite directement à la cave du domaine, les étiquettes sont dessinées par des écoles de design avec qui ils sont en partenariat, ce qui permet aux élèves de travailler sur des cas concrets et eux de profiter de leur talent. Le seul investissement est peut être humain puisque les pommes sont directement cueillies sur les arbres et non au sol. En conclusion, ce cidre est produit avec beaucoup de savoir-faire et en même temps beaucoup d’amour ! On vous le conseille vivement !

Comme nous sommes de nature curieuse, nous avons demandés à Jean Baptiste quel était le plus gros challenge pour cette nouvelle année : « Nous organisons le 15 juin 2019, un gros rassemblement afin de faire connaître le domaine aux amateurs de vin. Nous attendons 300 personnes. C’est la première fois que nous organisons un tel événement, donc nous sommes tous un peu stressés. Et également le changement de taille de nos bouteilles ! ».

Pour en savoir plus sur le domaine, cliquez ici.

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La fertilisation, pilier de la qualité des vins

La fertilisation azotée de la vigne a une influence directe sur la qualité des vins. Les moûts avec les indices de formol bas produisent des vins astringents avec des tanins secs et dont la qualité est jugée moins intéressante.

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