Pommes à cidre : les points clés pour gérer l'azote au verger

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Partie 2 : Phase adulte.

La stratégie de fertilisation du verger adulte (dès trois ans pour les vergers les plus précoces), est différente de la phase juvénile car elle ne vise plus seulement le développement de l'arbre, mais également celui des fruits.

L'azote : un élément clé pour tous les organes du pommier

Durant la phase adulte, tous les organes de l'arbre ont besoin d'azote. C’est un élément essentiel qui contribue notamment à une bonne croissance de l’arbre, une formation de boutons floraux de qualité et une meilleure longévité des fleurs fécondables. Egalement, on note une réduction de la coulure et de l’alternance.

Ces besoins sont très variables au cours de l'année. Ci-dessous un schéma explicatif sur le rythme d’absorption de l’azote par le pommier.

Absorption de l'azote par le pommier

  • Légende :

    - Au mois de mars/avril :10% d’absorption des besoins annuels. Durant cette phase de « démarrage », l'arbre puise dans ses réserves contenues dans les racines, les branches charpentières et les bourgeons.

    - Au mois de mai/juin :  à peu près 40% d’absorption des besoins annuels. L'azote participe alors à la croissance des fruits et du feuillage.

    - Au mois de juillet/août : plus de 20% d’absorption des besoins annuels. Durant cette phase, la minéralisation de la matière organique suffit pour nourrir la plante.

    - Au mois de septembre/octobre : près de 20% d’absorption des besoins annuels. Durant cette phase « finale », l'utilité de l’azote est essentiellement à la mise en réserve dans les bourgeons, les branches charpentières et les racines.

    - Au mois de novembre/décembre : moins de 10% d’absorption des besoins annuels.

 

Suivre un calendrier précis pour une efficacité maximale

Pour une meilleure efficacité de l'azote, le CTIFL préconise de réaliser ces apports sous forme minérale en un à trois passages au printemps et jamais après juillet, en tenant compte de la CEC (capacité d'échange cationique) du sol afin d’éviter le lessivage. Le fractionnement des apports d’azote est donc essentiel pour le pommier à cidre en phase adulte. Pour une efficacité maximale, il est conseillé de fractionner son apport (min 3 fois/an/arbre) afin de ne fournir aux arbres que les engrais nécessaires et ainsi éviter toutes pertes ou excès.

 

1ère période - Début à fin mars

2ème période - Mi-avril à mi-juin

3ème période - Début automne

Quand ?

Lors du débourrement afin que l’arbre ait à disposition de l’azote directement assimilable.

Pourquoi ?

La dose d’azote doit répondre aux besoin des rameaux et de la feuille – au moment où la minéralisation est faible.

Quand ?

Floraison jusqu’à nouaison

Pourquoi ?

C’est une période critique qui demande un important apport en azote. Un excès d’azote en début de nouaison pourra entraîner des coulures.

Quand ?

Après la récolte

Pourquoi ?

L’essentiel des consommations d’azote réalisées au printemps et début de l’été se retrouve exporté dans les feuilles et dans les fruits. L’azote mis en réserve dans la tige et les racines sont généralement absorbé d’août à octobre.

 Légende : Stade cles d'apport en azote au verger

De plus, le CTIFL donne la formule suivante pour évaluer les besoins du verger cidricole en production : Rdt * 1,2 + 90.
C’est
--dire que les besoins (en kg/ha) sont égaux à 1,2 fois le rendement d'objectif*(en t/ha) auquel il faut ajouter 90. Les vergers cidricoles donnant en moyenne entre 20 et 50 t/ha, les besoins sont ainsi compris entre 114 et 150 unités.

 

Des outils pour mieux gérer les excès d'azote

Pour affiner ce raisonnement de fertilisation azotée sur verger cidricole en phase adulte, différents outils sont disponibles :

  • -  L’analyse de sol : elle guidera sur les fumures à apporter.

  • -  Le reliquat azoté : elle permettra de piloter la fumure d’entretien en azote

  • -  L’analyse foliaire : elle permettra de valider le pilotage de la fertilisation réalisé à partir de l’analyse de sol et du reliquat azoté ou d’identifier de potentielles carences.

    Il faut malgré tout respecter un certain équilibre car tout excès ou carence en azote pourrait avoir de graves conséquences sur l’arbre et la production.
    En effet, l’excès d’azote va être pénalisant pour la qualité des fruits. On peut observer une aggravation de la concurrence végétative qui va rationner l’eau aux dépens des fruits. Cette activité végétative peut entraîner également un retard de fructification et de maturation. De plus, plus les apports d’azote sont importants, plus la teneur en sucre du fruit sera basse. Enfin cela peut conduire à des imprévus de conservation.

    Il semblerait que les arbre à fruits à pépins soient plus sensibles aux excès d’azote que les fruits à noyau. Cette notion d’équilibre au niveau de l’apport d’azote permettra aux producteurs d’éviter par exemple tout lessivage, un mauvais développement de l’arbre ou encore la chlorose des feuilles.

    Une fois que tous ces points seront réunis, il est alors possible de sélectionner les engrais les mieux adaptés. Yara préconise l’utilisation d’ammonitrate ou de YaraLiva Tropicote notre nitrate de calcium directement assimilable, au débourrement, afin de favoriser la reprise végétative. Nous conseillons également l’apport de YaraMila SK, en fonction des résultats de l’analyse de sol, jusqu’au stade chute des pétales, associé à YaraLiva Tropicote si nécessaire. Nos engrais composés NPK SK, en plus d’être dépourvus de chlore et complémentés en magnésium, associent l’azote, le phosphore et la potasse au sein de chaque granulé.

  • De cette façon, l’apport de ces 3 éléments est précis et homogène sur l’ensemble du verger. En complément, à la nouaison, l’utilisation du YaraLiva Unika Calcium est également recommandé, à piloter en fonction de la charge en fruit de l’arbre, afin de satisfaire les besoins en potasse des fruits et de garantir une qualité optimale grâce au calcium.

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