Fertilisation de la vigne, quels outils d’aide à la décision ?

Présentation de quelques outils d’aide à la décision qui permettent de diagnostiquer ou de prévenir les éventuels problèmes de nutrition.

En vigne, le raisonnement et le calcul de la fertilisation est plus complexe que pour les grandes cultures. Cependant, la mise à disposition d’outils d’aide à la décision pour le diagnostic ou la prévention de problèmes éventuels de nutrition s’impose aujourd’hui au viticulteur. Mais la panoplie des outils reste encore limitée et l’utilisation des outils prospectifs est marginale pour l’instant, en l’absence du caractère générique nécessaire à leur utilisation en vigne. En effet, ces outils relèvent encore du domaine expérimental et n’offrent pas suffisamment de référentiels pour postuler aux phases d’étalonnage nécessaires à l’exploitation des données qu’ils fournissent. Cela étant, ces outils prospectifs permettront à l’avenir d’enrichir les données obtenues avec les outils d’analyses classiques. Cependant, dans sa démarche de diagnostic ou de prévention d’éventuels problèmes de nutrition, le viticulteur doit jouer la carte de la complémentarité des outils dont il dispose. En tout état de cause, les résultats qu’il obtiendra avec ces outils ne sont que des indicateurs, et le point de départ d’une interprétation qui mène au raisonnement de la fertilisation.

Des outils encore à l’état expérimental

Les nouvelles technologies appliquées aux outils d’aide à la décision ne sont pas très répandues sur le terrain et relèvent encore du domaine expérimental dans le cadre de travaux menés notamment à l’IFV en partenariat avec l’Inra et d’autres structures. C’est le cas de la mesure de la résistivité électrique du sol, c’est-à-dire de sa capacité à limiter le passage du courant électrique qui a pour objectif de réaliser un zonage intra-parcellaire afin de mettre en évidence des hétérogénéités en vue d’optimiser les prélèvements d’échantillons pour analyse. Cet outil encore confidentiel commence cependant à donner des résultats. En revanche, les outils optiques cumulent pour l’instant le double handicap du stade expérimental et d’un prix élevé. On peut citer cependant le NDVI (Normalized Difference Vegetative Index) ou indice de végétation à base de mesures de la réflectance chlorophyllienne, qui renseigne sur la vigueur du végétal. Cet outil d’aide à la décision est un bon révélateur de l’hétérogénéité en situation intra-parcellaire, en revanche il est plus difficile à utiliser pour comparer différents vignobles, avec des parcelles différentes, des cépages différents, etc.

 

Des solutions de pilotage basées sur la modélisation ou l’analyse de végétal

Dans l’attente de la « démocratisation » de ces outils d’aide à la décision, les viticulteurs disposent des classiques analyses de sol et du végétal, avec notamment les analyses foliaires et pétiolaires utilisées pour le potassium et le magnésium. Les analyses de sarment, encore en acquisition, permettent d’avoir une idée de la mise en réserve nutritionnelle de la vigne. Elles délivrent des indicateurs pour le démarrage du cycle végétatif suivant (débourrement).

D’autres projets sont en cours s’agissant de la mise au point d’outils de gestion de la fertilisation azotée qui utilisent la méthode des bilans au niveau du sol. Ainsi, le modèle AzoFert® qui est un outil d'aide à la décision pour le raisonnement de la fertilisation azotée utilisé en grandes cultures est en cours d’application sur la vigne. Cependant, l’outil de gestion de la fertilisation azotée N-Pérennes mis au point en se basant sur le modèle AzoFert® est plus adapté à la vigne, et à certains arbres fruitiers.

Enfin, des travaux sont également menés sur le calcul des apports de la matière organique dans le sol en s’appuyant sur le modèle de calcul de bilan humique AMG mis au point par l’Inra notamment pour les grandes cultures qui permet d’évaluer l’évolution du stock de carbone organique du sol en fonction des pratiques culturales. « Ce qui nous intéresse, c’est ce que produit la vigne. Mais raisonner la nutrition en se basant uniquement sur l’azote est une erreur car la nutrition d’une plante relève d’un équilibre. Si par exemple, les baies de raisin sont bien pourvues en azote mais insuffisamment en magnésium, l’azote ne sera pas fonctionnel », explique Alain Kleiber, responsable du secteur plantes pérennes chez Aurea.

Enfin, des références en analyses de baies existent, et c’est dans cet esprit que la solution de pilotage Grappilote a été développée par Yara France et les laboratoires Aurea. Elle est innovante car elle intègre une analyse de la baie de raisin tant sur l’aspect nutritionnel qu’œnologique.

La prise de décision au vignoble, est ainsi facilitée pour mieux atteindre ses objectifs, de quantité et/ou de qualité. 

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La fertilisation, pilier de la qualité des vins

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