Fertilisation de l'orge, enjeu de rentabilité

Avec 1.9 million d’hectares d’orge en 2016 (77% d’orge d’hiver et 23% d’orge de printemps), cette culture concentrée dans un grand quart Nord-Est représente environ 20% de la sole française de céréales.

Depuis quelques années, la fertilisation de l’orge se révèle un facteur limitant qui ne permet pas de satisfaire les besoins de cette culture. Les expérimentations montrent que les doses d’azote appliquées sont trop faibles. Cette situation provient d’une part de la  sous-estimation de l’objectif de rendement qui ne prend pas suffisamment en compte l’importance du progrès génétique sur cette céréale et d’autre part de la crainte d’obtenir un taux de protéines trop élevé pour les orges brassicoles. Investir dans une semence à fort potentiel, comme dans des variétés hybrides, nécessite d’adapter sa stratégie de fertilisation.

 

Bien démarrer avec un engrais composé.

Les impasses en phosphore et potassium sont courantes sur l’orge, les autres cultures de la  rotation étant parfois plus exigeantes. Une étude réalisée en 2016 par l’INRA met en avant, dans de nombreuses régions, une baisse significative des teneurs dans ces éléments depuis 2004.

Pour les instituts techniques, le gain de rendement lié à un apport calculé en P et K peut atteindre 5 q/ha d’orge sur des sols moyennement pourvus. C’est pourquoi le choix d’un engrais complexe NPK+S ou NP+S est judicieux dans le cadre du premier apport.

 

Pourquoi l’apport de printemps représente la meilleure option ?

Pour pouvoir être absorbé, le phosphore doit se trouver dans le voisinage immédiat des racines. Au printemps, les températures basses et la faiblesse du système racinaire limitent l’accès au phosphate du sol. Le phosphore appliqué en automne subit des processus de vieillissement et rétrogradation pendant l’hiver et il devient moins disponible au printemps. Un apport de phosphore au printemps permet une mise à disposition de phosphore frais et disponible pour les plantes en phase de redémarrage.

Des essais ont montré que les apports de P au printemps pénétraient dans le sol jusqu’à 5 cm de profondeur.

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Créer une synergie 

Les agriculteurs appliquent du phosphore et de la potasse selon l’une des stratégies suivantes :

  • A l’automne, en fumure de fond, bloquée sur la tête de rotation ou généralisée sur toutes les cultures pour éviter le vieillissement et le blocage des nutriments.
  • A la reprise au printemps, sous forme de fertilisation NPK, afin de couvrir les besoins annuels des cultures.

La fumure d’automne est privilégiée en cas de redressement des sols pauvres mais la fertilisation de printemps est généralement plus efficace. En effet, tous les éléments sont disponibles simultanément, ce qui favorise les synergies. Une application NPK de printemps stimule le redémarrage de la végétation après l’arrêt hivernal et accélère l’implantation des cultures de printemps. Elle est particulièrement adaptée aux cultures au système racinaire peu développé au moment des apports telles que l’orge d’hiver ou l’orge de printemps.

 

L’efficacité de la forme nitrique

La forme ammonitrate est ensuite à privilégier pour les deux autres apports d’azote, car elle permet en moyenne un gain de 3,4 quintaux à l’hectare sur orge d’hiver par rapport à la solution azotée.

 

Les apports foliaires en complément

Dès les premiers stades, les conditions pédoclimatiques peuvent limiter la disponibilité de certains nutriments: pH, sécheresse, sols sableux, taux de matière organique élevée, etc. Un apport foliaire contenant des oligo-éléments tels que le zinc, le cuivre et le manganèse sous une forme directement assimilable garantit un bon enracinement et une dynamique de croissance. Ce complément nutritionnel agit sur le rendement en influant sur le nombre et la taille des grains.

Cet article est un extrait de notre document « Nutrition de l’orge », retrouvez le en intégralité ici 

 

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Depuis quelques années, la fertilisation de l’orge se révèle être un facteur limitant qui ne permet pas de satisfaire les besoins de cette culture.

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