Fertilisation efficace, les 5 règles d'or

Aussi bien perçue comme une opportunité que vue comme une contrainte ; la fertilisation n’en reste pas moins un acte indispensable à l’obtention d’une récolte de qualité et en quantité, participant ainsi activement à la bonne gestion d’une exploitation. A l’échelle mondiale, la fertilisation engendre le plus gros gain de production agricole, largement devant les semences et les produits phytosanitaires. En effet, 48% de la production mondiale de céréales est assurée par la fertilisation azotée.

Bien sûr, pour assurer de tels effets et une efficacité optimale, la fertilisation s’appuie sur une méthodologie construite et précise : apporter à la culture la dose juste, au bon moment, dans de bonnes conditions, avec le bon produit et le bon outil.

Les 5 étapes essentielles d’une fertilisation efficace étant clairement identifiées, voici un descriptif détaillé.

 

Apporter la dose juste

La bonne dose d’azote, sans excès, est calculée en amont de la fertilisation. La méthode est relativement simple à visualiser, il s’agit de faire la balance entre les besoins en azote de la plante, et les fournitures en azote disponibles (sol, effluents organiques, fertilisants minéraux).

Pour calculer les besoins d’une plante, l’agriculteur dispose des références en besoins spécifiques par unité de rendement, et il connaît les rendements déjà obtenus sur sa parcelle. En prenant en compte son expérience personnelle, les conditions de l’année, et les besoins spécifiques par unité de rendement, l’agriculteur peut estimer un objectif de rendement.

Si la balance n’est pas à l’équilibre, et que les besoins sont supérieurs à l’azote naturellement disponible, il est nécessaire de fertiliser. Lorsque l’aiguille penche soit vers une carence, soit vers un excès d’azote, cela signifie que les objectifs de rendements et de  qualité ne seront pas atteints.

 

Fertiliser au bon moment

La plante, quelle qu’elle soit, n’a pas un besoin en azote linéaire dans le temps. Par exemple, pour un blé à 8,8 tonnes par hectare, les besoins en azote entre le semis et l’épi 1 cm ne sont pas les mêmes que durant la montaison.

Attention, à chaque culture son timing de fertilisation ! Connaître les différentes phases de croissance de sa culture est primordial. Si la plante connaît une carence en nutriments lors de cette période de forte croissance, le résultat sur le rendement final ne sera pas optimal. Le blé, qui est une culture d’automne à cycle long demande une fertilisation totalement différente d’une pomme de terre, qui est une culture de printemps à cycle rapide.

 

Identifier les bonnes conditions climatiques

Les conditions climatiques ont une grande influence sur le lessivage des nitrates. L’azote apporté par les engrais minéraux est rapidement absorbé par les cultures pendant la période de croissance des plantes. L’évaporation, ainsi que les remontées capillaires préviennent le lessivage des nitrates vers les nappes phréatiques. Cependant, dans les périodes d’inter-culture (automne-hiver) lorsque la pluviométrie est plus élevée, les pluies drainantes ont pour conséquence de mettre les nitrates hors de portée des racines des cultures.

Identifier les bonnes conditions climatiques revient donc à choisir la bonne fenêtre météo. Quelques jours sans pluies permettent une meilleure absorption de l’azote par les cultures, et une préservation des nappes phréatiques.

 

Utiliser un engrais de qualité (granulométrie, dispersion)

Les engrais solides ne se valent pas tous en termes d’épandabilité. Les caractéristiques physiques ont une influence déterminante sur l’efficacité de l’épandage. Dans le cas d’un épandage sur une grande surface, un engrais de mauvaise qualité va subir un éclatement du grain au moment de la projection sur la culture. Loin d’être le seul problème, si la résistance à l’abrasion du grain est trop faible, le transport et la manutention vont entrainer la création d’une poussière inutilisable.

En plus de la dureté du grain, la qualité est définie selon la régularité du diamètre de chaque bille. Lors de l’épandage, il est essentiel que la projection soit homogène sur la culture pour atteindre le niveau de rendement souhaité. Dans le cas de grains de tailles différentes, la projection s’effectue plus ou moins loin selon le diamètre, certaines zones observeront donc une carence en azote, alors que d’autres seront en excès.

Cependant, un engrais de haute facture ne se suffit pas à lui-même. Il est tout aussi important d’utiliser un épandeur calibré selon les besoins de la culture.

 

Utiliser un épandeur bien réglé

Souvent négligée, la technologie de l’épandeur a un réel impact sur l’homogénéité de l’épandage, donc sur le rendement global. Alors, quelles sont les conséquences d’un épandage irrégulier ?

  • Qualité réduite et inégale
  • Chute du rendement
  • Risque de maladie plus élevé
  • Récolte plus difficile
  • Coût de séchage plus élevé

Autant de conséquences évitables grâce à l’utilisation d’un épandeur performant. La position, la longueur, l’inclinaison et la vitesse de rotation du disque sont donc des éléments à calibrer précisément, afin d’obtenir une couverture parfaite de la surface en culture lors de l‘épandage.

 

En résumé, la barrière entre une fertilisation efficace et une fertilisation de précision est très fine. Les outils technologiques proposés, tant en termes d’engrais qu’en termes de machines, permettent de tendre vers un objectif de rendement revu à la hausse. Allier la qualité des produits et des outils performants tendent vers la fertilisation optimale.

 

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La nutrition du colza

Depuis quelques années la teneur en protéines des blés français décroit. Le climat et les conditions environnementales ne peuvent être maitrisés mais il reste des leviers d’action, dont le principal est la fertilisation.

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