Calcium, magnésium, soufre : détecter et corriger ces carences

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Les carences du sol ont autant de causes qu’il y a d’éléments nutritifs. Dans la première partie de ce sujet, nous nous sommes penchés sur la manière d’identifier et contrebalancer les justesses nutritives en azote, phosphore et potassium. Même si ces trois éléments constituent les principaux facteurs limitants, les éléments secondaires sont également importants pour optimiser le rendement et la qualité des récoltes.

Il peut en effet arriver que les carences en calcium, magnésium ou soufre ne soient pas traitées au même titre que les carences majeures, car ils sont nécessaires en plus faible quantité. Cependant, lorsque ces éléments sont limitants, le rendement peut être 20% plus faible. Dans cette deuxième partie, nous souhaitons vous donner les éléments nécessaires afin d’identifier, et corriger les carences en éléments secondaires.

 

I – Le calcium 

Le calcium est primordial durant la croissance des nouveaux tissus cellulaires, notamment la paroi. De ce fait, il assure une bonne résistance mécanique de la plante. Lorsque les productions sont relativement faibles, il faut miser sur la qualité, et le calcium joue un rôle encore plus important. En effet, une bonne nutrition calcique offre à la plante une résistance naturelle à la moisissure en préservant l’intégrité de la cellule durant le transport et le stockage.

  • La carence

La plante observe une croissance limitée, et est beaucoup plus fragile aux aléas mécaniques qui peuvent advenir (Faune, météo…).

  • Les symptômes 

Les racines sont les premières victimes d’une carence en calcium : les principales ne se développent pas correctement, au profit de petites racines latérales. Ce type de carence n’affecte que très peu la couleur des feuilles, mais provoque la chute avant l’ouverture totale de la surface foliaire. 

  • La solution

Des fertilisants calciques peuvent être appliqués durant la semence, ou en foliaire. Dans le cas d’une fertilisation foliaire, il faut prêter attention au stade de développement du fruit. Si celui-ci n’est pas encore complètement recouvert, il y a un risque de dégénérescence. 

 

II – Le magnésium

Malgré le fait que la quantité nécessaire à une croissance optimale ne soit en rien comparable à la concentration en éléments primaires, le magnésium est un constituant vital de la chlorophylle, et joue donc un rôle majeur dans le bon fonctionnement de la photosynthèse des cultures. De plus, nous l’avons vu dans la partie précédente, le phosphore est primordial pour la transmission de l’énergie au sein de la plante. Or, le magnésium aide à la bonne circulation du phosphore dans la plante, via des activations d’enzymes. 

  • La carence

La protéosynthèse est directement impactée par une carence en magnésium. En effet, la production d’hydrates de carbone est réduite, et la concentration d’amides augmente dans les feuilles. La perte de rendement reste cependant limitée, et dépasse rarement les 15%.

  • Les symptômes

Le magnésium étant très mobile dans la plante, ce sont généralement les feuilles âgées qui sont victimes d’une chlorose sur les extrémités, et entre les veines. La décoloration est souvent très forte, et peut former une pointe de flèche sur la feuille.

  • La solution

Dans le cas d’une carence avérée, il est nécessaire d’effectuer une fertilisation au magnésium, sans prêter attention au stade de croissance de la plante. Il est possible d’apporter le nutriment avant la semence, au même moment, ou en foliaire si besoin. Il est cependant recommandé de fertiliser avant une croissance active de la plante, pour assurer un bon développement de la chlorophylle, et ainsi ne pas pénaliser la photosynthèse.

 

III – Le soufre                                                

Le soufre est essentiel dans la production des protéines, acides aminés, et de certaines vitamines de la plante. De plus, il a aussi son rôle à jouer dans la réduction des nitrates en acides aminés. Contrairement au rendement, la qualité de la récolte est largement tributaire de la disponibilité en soufre du sol.

  • La carence

Le soufre étant un élément principal de la synthèse des protéines de la plante, une culture carencée verra sont taux protéique diminuer en conséquence. Cela entraine par la suite un retard de maturité des fruits, ainsi qu’un appauvrissement de la qualité.

  • Les symptômes 

Le soufre est un élément dont la mobilité au sein de la plante est variable, les feuilles jeunes comme âgées sont donc touchées par une chlorose, au niveau des nervures foliaires et du corps de la feuille. De manière générale, une croissance limitée de la surface foliaire accompagne ce type de carence.

  • La solution

Une fertilisation soufrée est nécessaire, soit durant la semence, soit en foliaire dans le cas d’une fertilisation curative.

 

Ce focus sur le soufre conclu la partie réservée aux éléments secondaires. Si l’on en revient au tonneau de Liebig, le rendement n’est toujours pas optimal si tous les éléments nutritifs ne sont pas pris en compte. Il reste donc à traiter la question des plus petits facteurs limitants, à savoir les micronutriments. Ne pas les prendre en compte dans son optimisation de l’équilibre en éléments du sol serait une erreur, c’est la raison pour laquelle ils feront l’objet de la dernière partie sur le thème des carences du sol.

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