L’analyse des sols et la fertilisation sur betterave sucrière

L’analyse des sols sur betterave sucrière

Effectuer une analyse des sols avant la mise en culture permet plusieurs choses :

Connaître le pH et l’état calcique des sols :

A l’instar d’autres cultures, la betterave est très sensible au pH. Si celui-ci est inférieur à 6,5 (acide), le sol est considéré comme défavorable à la croissance de la culture à cause de problèmes d’assimilation du phosphore, zinc et bore. Ce n’est que lorsque le pH est supérieur que la betterave observe une croissance optimale.

Lié au statut acido-basique, le statut calcique joue également un rôle primordial dans le potentiel de productivité : le calcium assure une bonne stabilité structurale des sols, et aide à prévenir des problèmes sur sols limoneux.

De plus, connaître ces variables est un bon moyen de valoriser les coproduits de sucrerie selon l’état (entretien ou redressement) et le type de sol.

A ne pas négliger donc ! Une analyse du sol antérieure à l’implantation de la culture permet de partir sur des bases saines.

 

Connaître ses reliquats en azote :

Piloter l’azote est primordial pour plusieurs raisons :

  • Un excès d’azote se traduit par une baisse de la richesse en sucres
  • Un déficit se traduit par une baisse de rendement et de richesse en sucres

La betterave est une culture sensible au moindre changement, une variation de 40 unités de la teneur en azote peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Phosphore et Potassium : investir dans ce qui est nécessaire sans faire d’impasse !

La fertilité des sols français se dégrade, notamment en phosphore et en potassium. L’export par les cultures n’est pas compensé par une fertilisation adaptée. Les doses apportées au champ sont équivalentes à celles des années 1950… 

Les analyses de sols vont permettre d’évaluer les réserves du sol disponibles en phosphore et potassium et de sécuriser sa production :

  • Le phosphore va permettre une bonne implantation de la culture.
  • Le potassium va garantir des niveaux de richesse en sucres et améliore la résistance des plants en situation sèche (amélioration de la régulation hydrique).

Nous vous conseillons de réaliser l’analyse du reliquat en sortie d’hiver, en tenant compte de l’apport d’automne et de mesurer l’azote organique apporté par les vinasses et éventuellement par les cultures intermédiaires. En fonction des observations faites, un ajustement de l’équilibre en éléments nutritifs du sol peut être nécessaire, via une fertilisation adaptée.

 

PNC Betterave article 1.png

Figure 1 : programme de nutrition betterave (Source : Yara)

 

La fertilisation sur betterave sucrière

 Consommation moyenne en engrais minéraux sur la betterave 

De 2006 à 2011 les quantités de P et de K apportées par la fertilisation minérale s’est maintenu, malgré un léger recul du phosphore. Dès 2001, la tendance de diminution des apports en phosphore et potasse s’est accélérée : les apports en phosphore minéral ont reculé de 65% et ceux en potassium minéral de 23% 

Même si l’Institut Technique de la Betterave (ITB) communique sur l’ammonitrate comme meilleure forme d’azote, il représente à peine 10% des engrais azotés utilisés sur la betterave sucrière.

La fertilisation organique est pratiquée sur plus de 50% des surfaces, principalement avec des coproduits de sucreries riches en K2O ; en apport d’automne avant les semis.

Compte tenu de ces observations, quelles sont les formes d’éléments nutritifs les plus adaptées, et quelle est la marge de manœuvre pour réussir sa stratégie de fertilisation ?

 

Les bonnes pratiques de la fertilisation sur betterave sucrière

En complément d’un apport riche en potasse à l’automne, la forme d’éléments nutritifs la plus adaptée est un apport de NP au semis, avec un phosphore dans une proportion soluble d’eau la plus élevée possible pour faciliter l’absorption par les jeunes racines. 

N’oubliez pas, si possible, de réserver 30 unités d’azote sous forme de YaraLiva™ Tropicote™ au stade 4 feuilles, pour valoriser le rendement et la qualité de la culture.

 

La culture de la betterave sucrière a ses spécificités, une grande sensibilité au pH et à la teneur en azote, ainsi qu’un grand besoin en potassium (absorption de 450 - 600 kg K2O/ha). Avec la suppression des quotas sucriers et une concurrence européenne renforcée, une compréhension et une nutrition optimales sont devenues des points stratégiques pour les agriculteurs français concernés. N’hésitez pas à télécharger notre documentation sur les engrais NP, NK et NPK de Yara, pensé pour couvrir les besoins en éléments majeurs des cultures.

DÉCOUVREZ NOTRE RESSOURCE

A quoi servent les inhibiteurs ?

Les inhibiteurs d’uréase existent depuis plus de 25 ans mais on observe depuis quelques temps, un intérêt croissant pour ces produits qui pourrait remédier à certains défauts de l’urée et de la solution azotée.

Télécharger le document
YARA-inhibiteurs-17

Découvrez les articles de la même catégorie

Grandes cultures

06 septembre 2018

La moisson a fait son bilan 2018

C’est avec le constat d’une production revue à la baisse, mais cependant de qualité, que les céréales ont tiré le bilan d’une saison 2018 marquée par une climatologie capricieuse.

Lire l'article

Grandes cultures

14 mars 2018

Les outils de pilotage de la fertilisation azotée pour les grandes cultures

La réussite d’une stratégie de fertilisation repose sur évaluation précise des éléments nutritifs, par la méthode du bilan; évaluant ainsi les quantités d’engrais nécessaires pour atteindre les objectifs de rendement et de qualité des cultures.

Lire l'article

Grandes cultures

07 février 2018

Calcium, magnésium, soufre : détecter et corriger ces carences

Les carences du sol ont autant de causes qu’il y a d’éléments nutritifs. Dans la première partie de ce sujet, nous nous sommes penchés sur la manière d’identifier et contrebalancer les justesses nutritives en azote, phosphore et potassium. Même si ces trois éléments constituent les principaux facteurs limitants, les éléments secondaires sont également importants pour optimiser le rendement et la qualité des récoltes.

Lire l'article

Grandes cultures

20 décembre 2017

La tournée du colza – Episode 2 – Le Lot et Garonne

Quelles sont les pratiques culturales des agriculteurs sur le colza ? Les régions de production diffèrent par le climat, la nature des sols, les débouchés potentiels, etc. Nous avons posé des questions à Florent Ruyet, conseiller grandes cultures à la Chambre d’Agriculture du Lot et Garonne.

Lire l'article